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Le 04/10/2017, 00:00:00 > Dossiers

Interaction trophique entre le colza et la limace grise

La limace grise Deroceras reticulatum est le principal ravageur des cultures de colza Brassica napus.
Des travaux antérieurs ont montré qu’elle attaque principalement les jeunes stades de la culture (cotylédon et 2-4 feuilles) et que les glucosinolates aliphatiques seraient répulsifs.

Une étude menée sur des plants de colza cultivés au laboratoire porte sur deux thèmes. D’abord, l’influence de la physiologie de la limace (masse fraîche et état nutritionnel) sur la consommation des plants de colza a été évaluée, en relation avec le génotype de colza (les génotypes Liho et Express ont été comparés) et son stade de développement. En second lieu, il a été réalisé une analyse des profils métaboliques des cotylédons de colza, attaqués ou non, et du mucus de limace après consommation, afin de :
– différencier les deux génotypes de colza et identifier les composés phago-stimulants et phago-répulsifs ;
– décrire les caractéristiques biochimiques du mucus de limaces.

Il a été démontré que les petites limaces (158 ± 71 mg) sont plus voraces que les grosses (372 ± 157 mg), et que les limaces sont plus voraces après cinq jours de jeûne. Le génotype Liho (réputé riche en glucosinolates) est préféré au génotype Express (réputé pauvre en glucosinolates). Enfin, les jeunes plants au stade 2-4 feuilles souffrent davantage des attaques que plants au stade cotylédons.
Les profils biochimiques des cotylédons se sont révélés différents selon le génotype. Express est caractérisé par la présence de progoïtrine (glucosinolate aliphatique), Liho est riche en glucobrassicine (glucosinolate indol). Le taux d’acides aminés dans les cotylédons diminue après l’attaque de limace.
Le mucus de D. reticulatum se discrimine par les molécules de 4OH-glucobrassicine et de glucoraphanine.

Ces résultats confirment la répulsivité des glucosinolates aliphatiques. Les acides aminés combinés aux glucosinolates pourraient améliorer la défense des plantes contre les attaques de limaces.
À l’avenir, il conviendrait de rechercher les phytohormones dans le mucus et l’appareil digestif de limaces, et d’analyser sur gel d’amidon la consommation par les limaces de métabolites isolés (glucosinolates) et associés (glucosinates + acides aminés).

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